L'implicite en lecture

Présentation du projet

Apprendre aux élèves à mieux lire, à comprendre et à interpréter est au centre du métier d’enseignant de l’école primaire française et constitue également un sujet de recherche important en didactique de la lecture et de la littérature. De récents travaux en didactique de la littérature s’intéressent à la lecture des textes littéraires en classe (Brunel et alii 2017; Louichon 2020; Ronveaux et Schneuwly 2018). Apprendre à mieux lire est également l’objet d’enquêtes de grande ampleur, telle l’étude Lire-écrire au CP (Goigoux 2016). Mais l’un des objets de cette triple démarche, lire/comprendre/interpréter, n’est que peu défini comme objet à enseigner : il s’agit de l’implicite. Les programmes du C1 au C3, qui portent, depuis 2002, la trace des recherches en didactique de la lecture, de la compréhension et de la littérature, insistent sur les espaces dialogiques impliqués dans la lecture littéraire par les aller-retours qui se font entre le sens du texte (ce que l’auteur a programmé) et les significations (ce que les lecteurs comprennent) (Falardeau 2003). Mais si ces démarches font l’objet de certaines précisions institutionnelles, l’objet, en revanche, n’est pas décrit. Les programmes de 2020 donnent comme objectifs pour le C3 « Lire, comprendre et interpréter un texte littéraire adapté à son âge et réagir à sa lecture », sans préciser ce qu’on désigne comme éléments implicites en lecture dans l’espace de la classe. C’est sur cet objet qui apparait en creux derrière la notion d’interprétation que travaille les chercheurs et chercheuses du laboratoire EMA depuis 2020. Il s’agit de cerner la notion d’implicite et de saisir son rôle dans la lecture des textes littéraires, en classe. L’enseignement et les usages de l’implicite dans la classe de français est appréhendé en croisant trois points de vue :

  1. le cadre linguistique centré sur les discours et les différents éléments qui en construisent le sens ;
  2. une approche littéraire du texte et de ses effets ;
  3. l’étude didactique de l’objet qui s’appuie en partie sur la prise en compte des processus cognitifs mobilisés au cours de la lecture par le lecteur.

Il s’agit alors de comprendre quels sont les processus de compréhension et d’interprétation en jeu au cours de la lecture des élèves, mais également de (re)connaitre les gestes didactiques des enseignants.

Pour ce faire, l’équipe se donne pour objectifs

  • l’étude et la description des formes linguistiques et littéraires que prend l’implicite dans la littérature pour la jeunesse, tout particulièrement celle qui est lue en classe,
  • l’analyse des pratiques effectives de classe, à partir de corpus recueillis dans les écoles,
  • le développement de contenus de formation pour accompagner les enseignants et enseignantes vers un enseignement explicite de l’implicite, conformément aux programmes scolaires en vigueur.
 

Coordinatrices : Anissa Belhadjin (anissa.belhadjin@cyu.fr) et Marie-France Bishop (marie-france.bishop@cyu.fr)

Ce projet, qui articule la didactique à la recherche en linguistique, se développe en partenariat avec le laboratoire Modyco (UMR 7114) de l’Université Paris Nanterre.

Coordinatrice à Modyco : Béatrice-Wendling

Pour en savoir plus, accéder à la page du séminaire Épistémologie des sciences du langage

Bibliographie indicative

  • BARONI, R. (2017). Les Rouages de l’intrigue. Genève : Slatkine.
  • Boite à outils compréhension, en ligne sur http://centre-alain-savary.ens-lyon.fr/CAS/LECTURE-ECRITURE/pp-comprehension; page consultée le 15 juin 2021.
  • BRUNEL, M., ÉMERY-BRUNEAU, J., DUFAYS, J.-L., DEZUTTER, O. & FALARDEAU, É. (2017). L’Enseignement et l’apprentissage de la lecture aux différents niveaux de la scolarité. Namur : Diptyque.
  • CÈBE, S. & GOIGOUX, R. (2009). Lector & Lectrix. Paris : Retz.
  • CÈBE, S. & GOIGOUX, R., (2013). Lectorino & Lectorinette. Paris : Retz.
  • CÈBE, S. & GOIGOUX, R., (2017).Narramus. Paris : Retz.
  • DUCROT, O. (1969). « Présupposés et sous-entendus ». Langue française, 4, 30-43.
  • DUFAYS,J.-L., GEMENNE,L. & LEDUR, D. (1996, rééd. 2015). Pour une lecture littéraire. Bruxelles : De Boeck.
  • ETIENNE, B. (2011). De la dérive techniciste à la tectonique des textes. Le français aujourd'hui. Paris : Armand Colin, p.11-24.
  • FALARDEAU, É. (2003). Compréhension et interprétation : deux composantes complémentaires de la lecture littéraire. Revue des sciences de l’éducation, 29(3), 673–694.
  • FAYOL, M. (2003). La compréhension : évaluation, difficultés et interventions. Conférence du Consensus -Paris 4-5 décembre 2003.
  • GIASSON, J. (1990). La Compréhension en lecture. Boucherville : Gaëtan Morin.
  • GOIGOUX, R. (dir.) (2016). Étude de l’influence des pratiques d’enseignement de la lecture et de l’écriture sur la qualité des premiers apprentissages. Rapport de recherche. Lyon : IFÉ & ENS de Lyon.
  • ISER, W. (1976). L’Acte de lecture, théorie de l’effet esthétique. Bruxelles : Mardaga.
  • KERBRAT-ORECCHIONI, C. (1986). L'Implicite. Paris : Armand Colin.
  • LOUICHON, B. (éd.)(2020). Un Texte dans la classe. Pratiques d’enseignement de la littérature au cycle 3 en France. Bruxelles : Peter Lang.
  • MAINGUENEAU, D. (2011). Linguistique, littérature, Discours littéraire. Le français aujourd'hui. Paris : Armand Colin, p. 75-82.
  • RONVEAUX, C. & SCHNEUWLY, B. (2018). Lire des textes réputés littéraires : disciplination et sédimentation. Enquête au fil des degrés scolaires en suisse romande. Bruxelles : Peter Lang.
  • TAUVERON C. (éd.)(2002). Lire la littérature à l’école. Pourquoi et comment conduire cet apprentissage spécifique? De la GS au CM. Paris : Hatier.