Éducation, vulnérabilité et questions sociales (séminaire thématique)

Séminaire coordonné par : Maïtena Armagnague, Valérie Becquet, Sigolène Couchot-Schiex, Benjamin Moignard, Xavier Pons, Stéphanie Rubi
Contact : Sigolène Couchot-Schiex (sigolene.couchot-schiex@cyu.fr)

Ce séminaire s'adresse prioritairement aux doctorant·es, jeunes chercheur·euses, mais aussi aux acteurs et actrices impliqué·es dans des recherches, souhaitant se former à la recherche, et élaborer un regard critique sur leurs propres méthodes de recueil de données et d'analyse, que ce soit sur des registres quantitatifs, qualitatifs ou mixtes. Il vise également à soutenir l'élaboration de formes claires et précises de présentations sur ces objets de la production scientifique.
Il se réunit de 14h à 16h dans l'une des universités des laboratoires de rattachement des organisateur·rice·s.
Il a été conçu comme un prolongement et un élargissement aux questions traitées dans le cadre du séminaire doctoral " Éducation, vulnérabilités et questions sociales".

Argumentaire

Ce séminaire thématique vise à interroger les pratiques de recherches dans le champ des sciences sociales et, plus particulièrement, des sciences de l'éducation et de la formation, sur des objets qui abordent des questions sociales vives en lien avec les publics et structures liées à la jeunesse. L’école, les structures éducatives et les mouvements d'éducation populaire et nouvelle sont au cœur de la question sociale, en ce qu’elles peuvent renseigner sur un certain nombre des processus à partir desquels se structurent la vulnérabilité́ et l’exclusion de toute une frange de la jeunesse liée aux quartiers populaire (Brodiez-Dolino et al., 2014; Millet & Thin, 2015) que l'on pourrait autrement qualifier d'"acteurs faibles" (Payet et al., 2008). Dans ce séminaire, il s'agit de présenter et de soumettre à l'avis critique des pairs, des travaux de recherche en cours dans le champ de l'éducation, en lien avec des questions sensibles (violences, questions de genre, ethnico-raciales, complotisme, etc..), du fait de leur visibilité dans l'espace social ou des préoccupations qu'elles suscitent de la part institutions et des professionnels du champ ou des acteurs publics (Armagnague-Roucher, 2019 ; Couchot-Schiex, 2017 ; Moignard, 2018). Nous chercherons à interroger leurs ancrages épistémologiques et méthodologiques, à les situer au regard d'autres productions. Comment les travaux menés interrogent-ils la question sociale et éducative (Lamont, 2016) ? Que disent-ils des modalités de traitement et d’encadrement de la jeunesse, de l'évolution des contextes sociaux (Moignard & Rubi, 2018) ? Quelles perceptions et interprétations des jeunes sur ces situations ? Quelles transformations des formes de l'action publique sur ces questions (Pons, 2019) ? Quelles analyses ont actuellement cours à propos de l'évolution des contextes de professionnalité des acteurs chargés de la prise en charge ou de la prévention des problèmes abordés (Becquet, 2021) ? D'un point de vue méthodologique, quelles sont les contraintes qui pèsent sur la construction de l'accès au terrain et dans l'administration de la preuve (Becker, 2020) ? Quels rapports aux recherches dites collaboratives ou participatives ? Quelles sont les limites de l'utilisation des données et pour quelles questions éthiques ?

Ce séminaire est organisé par le GIS PROSON qui vise à fédérer des chercheur·euses qui interrogent les modes de désignation, de prise en charge et de traitement de ce qui fait problème dans la sphère éducative. Il s'agit donc d'analyser les formes de construction publique des problèmes éducatifs, les solutions politiques qui sont couplées à ces problèmes et ce que ces couplages disent des transformations des systèmes, des politiques, des institutions et des professionnalités qui les prennent en charge, en envisageant les ressources qui peuvent être mobilisées pour y remédier. Il cherche à renforcer la capacité des chercheurs et des laboratoires qui le composent à identifier les conditions et les modalités à partir desquelles il est possible de prévenir et d’accompagner la prise en charge d’un certain nombre de problèmes sociaux dans la sphère éducative. Il se veut en appui de la définition et de l’évaluation de politiques publiques à cet égard, et pour la formation de haut niveau des personnels et des acteurs et actrices en lien avec ces terrains.